Les trois composantes de la distance d'arret
La distance d'arret se décompose en deux phases. La distance de reaction correspond au trajet parcouru pendant que le cerveau percoit le danger et declenche le freinage : environ 1 seconde pour un conducteur attentif, soit 36 metrès à 130 km/h. La distance de freinage est le trajet parcouru entre le debut du freinage et l'arret complet du vehicule. Elle augmente avec le carré de la vitesse : doubler la vitesse quadruple la distance de freinage. A 130 km/h sur route seche, la distance de freinage est d'environ 83 metres, pour une distance d'arret totale de 119 metres, soit plus d'un terrain de football.
Impact de l'état de la route sur le freinage
L'adherence du pneu sur la chaussee est determinante. Sur route seche, le coefficient d'adherence est d'environ 0,8. Sur route mouillee, il chute à 0,45 : la distance de freinage est quasiment doublee. Sur route verglacee ou enneigee, le coefficient tombe à 0,15, multipliant la distance de freinage par 5 à 6. A 90 km/h, la distance d'arret passé de 57 metrès sur route seche à 94 metrès sur route mouillee et à 236 metrès sur verglas. Ces chiffres expliquent pourquoi il faut réduire sa vitesse par mauvais temps et augmenter les distances de sécurité.
Le temps de reaction : un facteur souvent sous-estime
Le temps de reaction moyen d'un conducteur attentif est d'environ 1 seconde. Mais ce temps augmente considerablement dans certaines situations : fatigue (1,5 à 2 secondes), utilisation du téléphone (2 à 3 secondes), alcoolemie de 0,5 g/L (1,5 secondes), prise de medicaments (jusqu'à 3 secondes). Pendant ce temps de reaction, le vehicule continue à la même vitesse : à 130 km/h, chaque seconde supplémentaire de reaction ajoute 36 metrès à la distance d'arret. C'est pourquoi la conduite sous influence ou avec distraction est si dangereuse.